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Fin de Windows 10 : Pourquoi 2026 Pousse les Entreprises vers les Licences Microsoft Seconde Main

Photo d'un gestionnaire informatique planifiant la fin de Windows 10 entreprise migration. Il analyse un inventaire de parc informatique sur son bureau, avec des anciens PC obsolètes et des panneaux d'avertissement 'SUPPORT TERMINÉ' et la date de 2025 en arrière-plan. Son écran affiche Windows 11. Image générée par Gémini.

Le support de Windows 10 s’est officiellement arrêté le 14 octobre 2025. Les entreprises qui utilisent encore ce système doivent choisir entre trois options : migrer vers Windows 11, souscrire au programme payant ESU (Extended Security Updates), ou renouveler leur parc informatique. Face au coût de ces solutions, et à celui de la fin de […]

Le support de Windows 10 s’est officiellement arrêté le 14 octobre 2025. Les entreprises qui utilisent encore ce système doivent choisir entre trois options : migrer vers Windows 11, souscrire au programme payant ESU (Extended Security Updates), ou renouveler leur parc informatique. Face au coût de ces solutions, et à celui de la fin de support d’Office 2016/2019 tombée à la même date, un nombre croissant de PME françaises se tournent vers les licences Microsoft de seconde main, une option légale depuis un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne de 2012, pour réduire la facture logicielle de leur migration.

Sommaire

Où en est Windows 10 début 2026 ?

Malgré la fin du support annoncée depuis plusieurs années, Windows 10 reste massivement présent dans les parcs informatiques. En février 2026, StatCounter mesurait encore 26,27 % du parc PC mondial toujours sous Windows 10, soit plusieurs centaines de millions de machines actives plus de trois mois après la fin officielle du support.

Cette lenteur de migration touche particulièrement les PME. Selon une enquête Canalys relayée par TechRadar, un tiers des partenaires de distribution IT déclarent que leurs clients PME n’ont aucun plan de migration clair, et 14 % d’entre eux ignoraient même que le support de Windows 10 touchait à sa fin.

Ce que change concrètement la fin du support

Depuis le 15 octobre 2025, Microsoft ne fournit plus, pour les versions grand public et professionnelles standard de Windows 10 :

  • de mises à jour de sécurité gratuites ;
  • de correctifs de bugs ou de compatibilité ;
  • d’assistance technique officielle.

Un PC sous Windows 10 continue de fonctionner normalement, mais chaque faille de sécurité découverte après cette date reste ouverte, comme le confirme la page officielle de fin de support Microsoft. Pour une entreprise, cela pose une question de conformité autant que de sécurité : un système non patché peut être considéré comme une faille dans le cadre d’obligations réglementaires comme le RGPD ou la directive NIS2, sujet que nous détaillons dans notre article sur l’articulation entre conformité RGPD et NIS2.

Office 2016 et 2019 : la même échéance, en parallèle

Un point que beaucoup d’entreprises ignorent : Office 2016 et Office 2019 ont atteint leur fin de support exactement le même jour que Windows 10, le 14 octobre 2025. Contrairement à Windows 10, Microsoft ne propose aucun programme ESU pour ces suites bureautiques, comme le précise la page officielle Microsoft dédiée à cette fin de support. Les applications continuent de fonctionner, mais sans aucun correctif de sécurité possible.

Concrètement, une entreprise qui planifie sa migration Windows 10 vers Windows 11 doit traiter la question Office dans le même mouvement : upgrade vers Microsoft 365, achat d’Office 2024 en licence perpétuelle, ou acquisition d’une licence Office plus récente en seconde main. C’est un budget à anticiper en parallèle de celui du système d’exploitation, pas après.

Les trois options face à la fin de Windows 10 en entreprise

Migrer vers Windows 11

C’est la solution recommandée par Microsoft, mais elle se heurte à un obstacle technique réel : Windows 11 exige la présence d’une puce TPM 2.0 et d’un processeur relativement récent. Cette exigence, justifiée par Microsoft pour des raisons de cybersécurité, exclut de fait une partie significative du parc de PC professionnels, y compris des machines encore parfaitement fonctionnelles. Pour ces postes, la migration signifie donc un remplacement matériel, pas une simple mise à jour logicielle. Pour les entreprises qui gèrent un parc de plusieurs dizaines de postes, cette bascule se planifie généralement par vagues, en s’appuyant sur des outils de déploiement comme Microsoft Intune, pour tester la compatibilité des applications métier avant un déploiement massif.

Cette contrainte matérielle a aussi un coût environnemental documenté. Le cabinet Canalys estime que jusqu’à 240 millions d’ordinateurs dans le monde pourraient devenir des déchets électroniques uniquement parce qu’ils ne répondent pas aux exigences matérielles de Windows 11, alors qu’ils restent par ailleurs parfaitement utilisables. C’est un argument que les entreprises engagées dans une démarche RSE doivent intégrer à leur réflexion budgétaire, au même titre que le coût financier.

Souscrire au programme ESU (Extended Security Updates)

Pour les entreprises qui ne peuvent pas migrer immédiatement, Microsoft propose un programme payant de mises à jour de sécurité étendues. Selon la documentation officielle relayée par LeMagIT, le tarif ESU entreprise démarre à 61 dollars par appareil pour la première année et double chaque année, sur une durée maximale de trois ans. Les licences étant cumulatives, une entreprise qui souscrit en année 2 doit racheter la couverture de l’année 1. Une réduction de 25 % est accordée aux organisations qui gèrent leur parc via Microsoft Intune. Concrètement, pour un parc de 50 postes, la seule première année d’ESU représente déjà plusieurs milliers d’euros, sans aucune fonctionnalité ni support technique inclus.

Remplacer le parc informatique

C’est l’option la plus coûteuse à court terme, mais parfois la plus simple pour les postes les plus anciens, incompatibles avec Windows 11 même après mise à jour du BIOS. Elle implique un investissement matériel complet, réparti généralement sur plusieurs exercices budgétaires pour lisser la charge.

Pourquoi les licences Microsoft d’occasion gagnent du terrain

Face à ces trois options, souvent perçues comme un choix entre « payer cher maintenant » et « payer cher plus tard », les licences Microsoft de seconde main apportent une réponse budgétaire alternative, aussi bien pour les licences Windows 11 Pro que pour les licences Windows Server qui accompagnent souvent une migration de parc.

Cette pratique repose sur un fondement juridique solide et ancien. Le 3 juillet 2012, la Cour de justice de l’Union européenne a tranché dans l’affaire UsedSoft contre Oracle (C-128/11) : la revente d’une licence logicielle d’occasion est licite, y compris pour les logiciels distribués uniquement par téléchargement. C’est le principe de l’épuisement du droit de distribution : une fois la première vente réalisée, l’éditeur ne peut plus s’opposer aux reventes suivantes, même si son contrat de licence tente de l’interdire.

Cette jurisprudence, confirmée à plusieurs reprises depuis, s’applique en France comme dans le reste de l’Union européenne. Elle explique pourquoi un marché structuré de licences Microsoft d’occasion s’est développé, alimenté par des restructurations d’entreprises, des renouvellements de parc et des licences en volume inutilisées.

OEM, Retail, Volume : quelles licences peut-on acheter d’occasion ?

Toutes les licences Windows ne se valent pas face à la revente. On distingue trois canaux de distribution, avec des règles de transfert différentes, comme le détaille un comparatif des licences Windows 11 Pro :

  • Licence OEM : préinstallée par le fabricant, elle est liée définitivement à la carte mère du PC d’origine. Elle n’est pas transférable et ne peut donc pas faire l’objet d’une revente légale isolée.
  • Licence Retail : achetée séparément par un utilisateur ou une entreprise, elle est rattachée à l’acheteur et non à la machine. Elle peut être désinstallée et transférée, ce qui la rend éligible à la revente dans le cadre défini par l’arrêt UsedSoft.
  • Licence Volume : souscrite via les programmes professionnels de Microsoft (Open, MOLP, CSP), elle est la plus courante sur le marché de la seconde main, notamment pour Windows Server. C’est exactement le cas que nous détaillons dans notre guide sur l’achat d’une licence Windows Server d’occasion.

Pour une entreprise qui migre son parc, ce distinguo a une conséquence pratique directe : seules les licences Retail et Volume peuvent légalement changer de propriétaire. Une licence OEM proposée « d’occasion » à un prix anormalement bas doit systématiquement alerter.

Comment sécuriser un achat de licence Microsoft d’occasion

La légalité de la seconde main logicielle n’est pas automatique : elle dépend du respect strict de plusieurs conditions. Avant tout achat, quelques vérifications s’imposent :

  • Le vendeur fournit-il un certificat de cession nominatif, précisant l’origine de la licence (Volume, OEM entreprise, Open) ?
  • La facture mentionne-t-elle la TVA française et une identité juridique vérifiable (SIRET) ?
  • Le vendeur d’origine a-t-il désinstallé et cessé définitivement d’utiliser la licence, comme l’exige la jurisprudence ?
  • Le prix est-il cohérent ? Une licence à quelques euros signale presque toujours une clé issue d’un programme détourné, sans traçabilité.

Ce point est important car Microsoft et ses partenaires réalisent régulièrement des audits de conformité logicielle auprès des entreprises. En cas de contrôle, l’absence de preuve d’achat valide peut entraîner une régularisation forcée au tarif plein. Le certificat de cession constitue la seule protection réelle en cas d’audit, au même titre qu’une facture d’achat classique. Nous détaillons l’ensemble de ce protocole de vérification, ainsi que les prix constatés par version, dans notre page dédiée aux licences Microsoft de seconde main.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si mon entreprise continue d’utiliser Windows 10 sans rien faire ?

Le PC continue de fonctionner, mais il ne reçoit plus aucune mise à jour de sécurité. Le risque augmente avec le temps, à mesure que de nouvelles failles sont découvertes et jamais corrigées, ce qui peut aussi poser un problème de conformité réglementaire.

Combien coûte le programme ESU pour une entreprise ?

61 dollars par appareil pour la première année, avec un tarif qui double chaque année suivante, sur trois ans maximum. Une réduction de 25 % est possible pour les entreprises qui gèrent leur parc via Microsoft Intune.

Pourquoi certains PC ne peuvent-ils pas passer à Windows 11 ?

Windows 11 exige une puce de sécurité TPM 2.0 et un processeur relativement récent. De nombreux postes professionnels, encore fonctionnels, n’en disposent pas et ne sont donc pas éligibles à une mise à niveau gratuite.

Est-il légal d’acheter une licence Windows 11 ou Windows Server d’occasion ?

Oui, à condition qu’il s’agisse d’une licence Retail ou Volume, transférable, accompagnée d’un certificat de cession. Ce principe découle de l’arrêt UsedSoft contre Oracle rendu par la Cour de justice de l’Union européenne en 2012.

Une licence OEM peut-elle être revendue ?

Non. Une licence OEM est liée définitivement à la carte mère du PC sur lequel elle a été installée à l’origine et ne peut pas être transférée vers une autre machine.